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Les conditions de gisement de ces empreintes affleuraient dans la zone de balancement des marées, sur l’estran, et n’étaient visibles qu’à marée basse et bien entendu pendant quelques heures seulement. Profitant de la marée d’équinoxe du 19 mars 1965, l’abbé de Lapparent et ses collaborateurs de l’Institut catholique de Paris effectuèrent une première visite et une première étude du site. Ils découvrirent plus d’une centaine de traces de dinosaures situées dans deux niveaux du Jurassique inférieur. A la marée d’équinoxe suivante, une grande dalle de vingt mètres sur quinze livra des dizaines d’empreintes tridactyles de grands dinosaures; la totalité des dalles examinées sur plusieurs centaines de mètres carrés se monta à un millier d’empreintes appartenant à une dizaine de types au moins. Une grande de six mètres de long a été démontée puis reconstituée au musée des Sables d’Olonne. Les empreintes étudiées furent attribuées au genre Grallator, dont l’auteur était probablement un Théropode gracile, et au genre Eubrontes, qui devait être un Carnosaure, c’est-à -dire un dinosaure carnivore de grande taille.
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Toutes les empreintes susceptibles d’être endommagées par l’action des vagues qui peu à peu érodent cette portion de la côte ont été prélevées et sont conservées depuis au musée des Sables d’Olonne, au Muséum d’Histoire Naturelle de Paris et à l’Institut géologique de Lapparent de Cergy-Pontoise.
Les prélèvements n’ont pas été inutiles puisque l’annonce à la télévision de ces découvertes a attiré sur le site un grand nombre de curieux, mais aussi de fouilleurs inexpérimentés qui ont ajouté à l’érosion de la mer une érosion humaine plus rapide. Aujourd’hui, il n’y a plus grand chose à voir sur la plage du Veillon : la mer et les hommes ont effacé toute trace de ces empreintes.
Philippe Taquet
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