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Menace sur les dinosaures d' Aït Bougmez
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Menace sur les dinosaures d'Aït Bougmez

La vallée des Aït Bougmez se trouve dans le Haut-Atlas Central de la province d’Azilal. Son ouverture au monde a commencé avec la construction de la piste sud (route goudronnée maintenant) qui l’avait reliée à la ville d’Azilal dès les années soixante-dix.
Depuis les années quatre-vingt et le lancement du tourisme de montagne dans le Haut-Atlas, la vallée a connu des changements sur le plan architectural, écologique et autres. Ce qui ne passe pas inaperçu car le patrimoine culturel en plus du naturel et de l’habitant sont les princi-paux atouts qui attirent le touriste dans la vallée dite «heureuse».
Le tourisme a changé le visage de cette vallée mais pas toujours en bien. Les nouvelles constructions poussent à vue d’oeil et l’architecture basée sur les matériaux locaux - adaptée au climat local - est remplacée de plus en plus par du béton peint en ocre. Le choix même de l’espace à construire commence à être porté sur des terrains proches des vergers ou qui étaient autrefois marécageux et qui pourraient être arables ou qui sont carrément irrigables. Pis encore, il porte sur des sites qu’on devrait protéger comme les dalles de calcaire au village d’Aguerd n Ouzro (en Berbère: petit promontoire en pierre) qui gardent des traces de dinosaures.
Sur une partie de ces dalles et tout près de ces traces qui ont des millions d’années, une auberge rurale est construite à la place d’un ighrem qu’on a dû détruire et qui est un patrimoine historique et architectural de la vallée. Le douar qui est en partie construit sur un belvédère, domine le Sud de la vallée entre l’ighrem n’Sidi Moussa (restauré avec l’aide de l’UNESCO) et l’ighrem n’Sidi Chita (détruit par les péripéties). C'est sans doute la raison du choix de son site pour le projet de l’auberge. Mais l'édifice n'est pas très loin des traces. Pourtant, durant la 7ème COP (Conférence of parties) en 2002 à Marrakech, l’ONMT (Office national marocain du tourisme) avait distribué un document qui stipulait que les projets d’investissements touristiques, au Maroc, devaient être réalisés loin des sites où se trouve un patrimoine naturel ou culturel. Des traces de dinosaures existent également en amont de la vallée au douar Akourbi où des maisons sont construites tout près de ces traces (à Aguerd n’Ouzro aussi d’ailleurs) mais il y a des décennies (ou des siècles) de cela et avant que la population ne sache de quoi il s’agissait.
Le patrimoine architectural, les traces de dinosaures et les gravures rupestres sont un patrimoine historique absolument à sauvegarder dans cette vallée de même que son patrimoine naturel et ses écosystèmes. On doit les protéger tout simplement parce que ce sont là les atouts de la vallée qui attirent ses touristes. Et on se doit de le faire pour durabiliser l’activité touristique en y exerçant l’écotourisme. Cette forme durable du tourisme (et du développement) qui doit respecter l’environnement sous toutes ses formes. La vallée continuera alors d’être qualifiée d’«heureuse».

Mohamed El Bouchhati, journal Aujourd'hui Le Maroc



 
 

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