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Accueil GRAVURES RUPESTRES Au sud de l'Atlas Visite d’André Malraux

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La visite d’André Malraux PDF Imprimer Envoyer
Il est paradoxal que ce soit la visite d’un Ministre des Affaires culturelles français, grand protecteur des Arts, des Monuments et des Antiquités, qui sonna, en mars 1964, le glas de la station Tamanart-Taggounatin. Odette du Puigaudeau fut chargée d’aller préparer ce site pour accueillir André Malraux. Avec l’aide amicale de jeunes officiers des F.A.R., les gravures furent repérées, légèrement soulignées de craie, l’itinéraire indiqué par fléchage, les redjems blanchis au plâtre, et une piste à peu près nivelée et déblayée de ses cailloux fut aménagée. Surpris de l’intérêt manifesté par des personnages prestigieux, le Caïd d’Akka observa, le jour de la fête, que la craie et le plâtre s’effaceraient très vite et qu’il valait mieux employer de la bonne peinture blanche. Son khalifat de l’annexe de Foum el Hasn, découvrant le parti que l’on pourrait tirer de ces “curiosités”, ajouta que l’accès des montagnes était difficile et qu’il serait préférable de transporter toutes ces pierres près de la route où les touristes pourraient les admirer à leur aise. Odette du Puigaudeau, dans les extrêmes limites de la politesse, dit ce qu’elle pensait de pareilles folies.
Rien n’y fit. Lors d’un passage quelque mois plus tard, elle constata que la plate-forme haute était devenue un chantier jonché d’éclats et de débris. Toutes les dalles libres ainsi que des blocs erratiques des bords de l’oued, avaient été transportés près du poste administratif. Plusieurs furent cassés et égarés au cours du déménagement. Les gravures qui n’avaient pu être arrachées à la montagne, avaient été recreusées et passées à la peinture à l’huile pour être visibles de loin. “Il y en avait tant, de ces pierres, qu’on pouvait être généreux : des visiteurs de marque, voire même des Ministres marocains, en emportèrent pour orner le parc de leur villa...”. Foum el Hasn n’existait plus en tant que site préhistorique.
La préhistoire marocaine a eu d’autres ennemis. Au temps du Protectorat, c’était la mode chez les officiers du Sud de décorer les postes avec des pierres gravées ramassées aux environs. Lors de leur départ pour laisser la place aux troupes marocaines, on ne sait ce qu’elles sont devenues. Les magnifiques gravures au trait buriné rapportées du gisement de Hassi Bou Lanouar, entre l’oued Draa (rive gauche) et l’erg Zmoul, furent ainsi décimées. Avant de quitter son poste de Tata, un capitaine féru de préhistoire, essaya de détacher à la dynamite des éléphants gravés sur des roches tenant à la montagne. A la sixième gravure réduite en miettes, il s’arrêta, découragé. Un ingénieur, Monsieur Le Tan, en poste autrefois à Igherm, dans l’Anti-Atlas, n’hésitait pas à montrer sa collection de diapositives qui présentaient trois kilomètres de gravures que les travaux des mines de cuivre rongèrent inexorablement jusqu’à complète disparition.
 
 

© 2012 by Jacques Gandini
 
 
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