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Le crétacé continental de la Hammada du Guir
La découverte en 1947, dans la falaise auprès de la piste d’Hassi Hachguig, d’un gisement de vertébrés crétacés, renfermant les éléments essentiels de la faune du Continental intercalaire, c’est à dire Onchopristis numidus et Ceratodus, deux crocodiles au moins, rendit évidente la continuation, en cette région des grès infra-cénomaniens. Ce gisement se révéla, dès l‘abord, d’une richesse exceptionnelle puisque permettant de recueillir en deux heures, sur deux ou trois cents m2, plusieurs centaines de dents fossiles; de plus, l’exploration systématique de ces couches permit de montrer qu’elles étaient, plus ou moins mais presque toujours, fossilifères sur 250 km de développement qu’elles présentaient du Nord au Sud. Il convient de noter que G. Choubert fut, en réalité, le premier à trouver et à signaler dans la région de Taouz, dans les marnes de Bou Tarit, quelques dents de Ceratodus et des écailles de Ganoïdes. Mais il ne paraît pas que l’on ait alors accordé à cette découverte tout l’intérêt qu’elle méritait... Les couches fossilifères sont habituellement constituées par des formations qui offrent tous les aspects : depuis les sables meubles, jusqu’aux grès très durs à ciment calcaire, le tout généralement d’un orange vif, parfois, cependant, blanc sale ou bigarré. Les formations, qui forment la base de la falaise hammadienne sur plus de 30 mètres d’épaisseur, ont laissé de nombreux promontoires avancés, découpés par l’érosion en une série de surfaces subtabulaires. C’est essentiellement sur ces grandes surfaces, ou sur les pentes semi-aluviales au pied des escarpements, que l’on trouve, en très grande abondance parfois, les restes de vertébrés : dents, ossements généralement très fragmentés, le tout habituellement fortement silicifié. Sauf dans certains cas privilégiés, on ne rencontre pas de fossiles en cherchant dans la falaise ou en faisant une fouille... Il faut donc admettre un enrichissement naturel sur les surfaces aluviales. L’eau et le vent entraînent les sables, et le résidu de plusieurs m3 se trouve rassemblé sur une surface de un ou deux m2. C’est à ce “vannage” naturel, opéré depuis des millénaires, que l’on doit ces importants gisements de surface... D’après un texte du Père Lavocat : Découvertes dans le désert du Sahara. 1954.
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