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Le Géoparc du M’Goun
Il y a eu une époque, où la région Tadla-Azilal n’était qu’une vaste plaine avec des lacs, des forêts et dans laquelle les dinosaures régnaient en maîtres. Un géoparc, M’Goun de son nom, voilà une trouvaille de l’Association pour la protection du patrimoine géologique du Maroc (APPGM) qui pourrait, au-delà de l’attraction, donner vie à la région. La notion de géoparc est née sous les auspices de l’Unesco et avec la participation de plusieurs pays européens. Pour les responsables de l’APPGM, obtenir le label de cette organisation est l’une des priorités de l’Association. Outre la notoriété qui lui sera conférée, le parc pourrait également bénéficier d’un confortable matelas financier. Mais beaucoup de travail reste à faire : sensibiliser les populations et trouver les fonds. A ce niveau, il faut signaler que les partenaires de ce projet participent dans une première phase à hauteur de plus de cinq millions de dirhams. L’histoire de cette région remonte à des millions d’années durant lesquelles s’est constituée une ceinture géologique privilégiée, qui se distingue par la présence de célèbres et spectaculaires traces de pas de dinosaures sauropodes (l’espèce la plus imposante de dinosaures herbivores ayant vécu sur terre il y a près de 200 millions d’années) et de théropodes (une espèce carnivore qui se tenait sur ses pattes arrières et qui était la famille de dinosaures la plus répandue il y a 185 millions d’années) se trouvant sur le site préhistorique d’Iwaridène à 10 km de Demnate. Ces traces sont éparpillées en pistes solitaires ou en troupeaux, «constituant de ce fait l’un des gisements les plus caractérisés du monde», explique Philippe Taquet, qui a authentifié des ossements fossilisés trouvés sur ce site. Cette richesse devant être préservée, un plan d’aménagement a été élaboré permettant de mettre en place clôtures, signalétique, montage d’un dinosaure grandeur nature en résine, etc. Près de Tillouguit, comme voulant resurgir, un squelette presque complet d’un sauropode dénommé Atlasaurus imlajei (jurassique moyen, 154 à 164 millions d’années, herbivore d’une taille de 18 mètres de long et 10 mètres de haut, et un poids de 22,5 tonnes environ) a été découvert. Or, au lieu d’être mis en valeur dans un endroit digne de ce nom, ce squelette est exposé au Musée des sciences de la Terre, qui se trouve au ministère de l’Energie et des Mines à Rabat*, loin de tout intérêt touristique. Actuellement, une procédure est engagée pour l’exposer au futur musée du géoparc du M'Goun qui permettrait, pour les protéger, de réunir les différents squelettes avec les traces de pas de dinosaures. Ainsi, il constituerait un centre de recherche scientifique, générateur de visites touristiques et scolaires. Cependant, pour cela, trois appels d’offres ont été lancés, depuis fin 2005 à fin 2006, pour le moment en vain. Non loin de ce site, à 3 km, la nature a tenu à marquer sa force et sa splendeur. Le pont naturel d’Imi n’Ifri, où l’oued Mhaceur a creusé des entailles dans la roche formant ainsi une magnifique arche de 30 mètres de hauteur. Autre beauté de ce site, une flore diversifiée, où l’on trouve des euphorbes et des caroubiers et une multitude d’autres plantes. Les corneilles, les chauves-souris et des buses y ont trouvé refuge. Ainsi afin de préserver et de valoriser cette merveille de la nature, un aménagement de ce géosite a été prévu. La mémoire de l’être humain est également fort présente dans la région, le site de Tirghiyst en est la preuve. Il est de loin le plus connu des sites de gravures rupestres du Jbel Rat. Des édifices avec une architecture vernaculaire atlasique clairsemés manifestent également la grandeur de l’esprit humain de la région. Les Berbères du Haut-Atlas ont toujours eu certains soucis et certaines idées en commun, les greniers de falaise. En effet, ces greniers servaient de refuge contre les attaques, leur fortification l’ayant permis. Ils ont également été utilisés et continuent de l’être, comme entrepôt pour produits de subsistance (orge, huile, amande...). Y sont aussi déposés les archives, actes et objets précieux du village. Chaque famille y dispose d’une case dont elle assure elle-même l’entretien. La valorisation de ce patrimoine consiste en la restauration du grenier, la création d’un atelier de tissage, et un autre pour la confection d’objet en noyer, ainsi qu’un local associatif. La faune, quant à elle, a pleinement souffert de l’intervention de l’être humain qui, par nécessité ou par caprice, l’a rendue vulnérable. La panthère de Tamga (Ouaouizeght) a probablement disparu, sa présence a été observée régulièrement dans les années 1960. Un spécimen est exposé au musée de l’institut scientifique de Rabat. Par contre, bien que rarissimes, l’aigle royal, le gypaète et le mouflon à manchette existeraient encore. Autres attraits de cette belle nature : les forêts notamment celle de Tamga. Elle se compose de pins associés aux genévrier rouge, au caroubier, au chêne vert et au thuya. A ce niveau, il faut signaler que chaque année plus de 1.000 hectares de forêt sont perdus dans l’Atlas central. La bonne logique voudrait que l’on prenne les mesures nécessaires pour y remédier, sans toutefois léser les populations dont la survie dépend de la forêt. * Quartier administratif, Agdal. Ouvert du lundi au vendredi de 8h à 12h et de 14h30 à 18h30. Entrée libre. Tél. : 037.68.84.00.

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